Mone on the moon – 05.2025
Exposition collective – Soirée art contemporain Pop-up 8 – Galerie Duniya the world of – Muret
Surréalisme autobiographique
C’est un assemblage qui relève peut-être plus de la sculpture que de l’installation avec une forte empreinte narrative.
J’ai chiné pour cet assemblage une robe de mariée récente et entière, un téléviseur de couleur blanche de la fin des années 60 ou début des années 70 et une desserte en formica blanc et métal doré de la même époque que le téléviseur. J’ai trouvé également des grosses roulettes de couleur orange et métal argenté et un casque audio Bluetooth de couleur blanche
J’ai fait vider le téléviseur blanc, la robe de mariée est encastrée à l’intérieur de cette télévision. La desserte en formica blanc est renversée : le plateau supérieur est au niveau du sol. Les roulettes de cette desserte sont « en l’air »
Le volume du téléviseur s’inscrit tout juste dans l’espace entre les deux plateaux de la desserte, elle-même posée sur les quatre grosses roulettes orange. Le casque Bluetooth blanc est posé sur le dessus de la desserte. Il diffuse en boucle une bande vocale, il est à la disposition du public
Cette bande vocale est un récit autobiographique qui donne sens à ce travail d’assemblage.
Quel récit familial ? C’est l’histoire de Mone, ma tante. Elle s’est mariée presque à terme de sa grossesse, le jour du premier pas sur la lune, le 21 juillet 1969. C’était à l’époque encore moralement très mal considéré. Le fiancé faisait le tour du monde sur un bateau militaire. Il fallait alors attendre une escale et une permission pour convoler.
Cette situation quelque peu cocasse est rentrée dans la légende intrafamilial.
Cet sculpture assemblage est une réponse à cette situation, un hommage à ma tante, presque une revanche.
Je lui ai trouvé une robe et pour que tout un chacun la regarde enfin, je l’ai encastré dans la télé : Une télé-ventre, une télé-casque de cosmonaute.
Je renverse les priorités, je renverse la desserte de télévision.
Je précise que je n’étais pas née en 1969, c’est donc pour moi un souvenir raconté depuis toujours.
Ma sculpture-assemblage prend pour modèle le Rover lunaire de la mission Apollo 11 d’où la couleur à dominante blanche de ma création et les grosses roulettes orange
Mes références artistiques sont les renversements Ready-made de Marcel Duchamp, l’esprit des assemblages oniriques surréalistes de Salvador Dali ou Meret Oppenheim, les mises en autobiographiques des tableaux Frida Khalo, les films de conquête spatiale et Tintin dans « objectif lune » de Hergé.
Les objets que je détourne pour cette occasion provoquent une réaction émotionnelle et poétique inattendue, de l’absurde onirique.
La robe de mariée, élément iconique immédiatement identifiable, est dans mon iconographie artistique personnelle depuis presque trente ans :
Je crée une performance le jour de mon mariage en 1996. Je parcours un long cheminement personnel et artistique avant d’aboutir à l’installation « Elles étaient une » : la performance inaugurale se déroule deux semaines après l’exposition « Mone on the Moon ». L’objet central de cette autre exposition est aussi une robe de mariée.
Lors de cette soirée artistique à La Galerie Duniya the world of, le visiteur porte ce casque Bluetooth sur les oreilles, se déconnecte un instant du reste de l’assemblée pour écouter cette bande vocale : Il se plonge dans un récit à la fois intime et historique et reçoit les clés de cette œuvre.